M le magazine cette semaine : Moutons d’or en Nouvelle-Zelande

Moutons d’or en Nouvelle-Zélande

M le magazine du Monde | 10.05.2013 à 15h25

Florence de Changy

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CE N’EST PAS UN MATCH AUSTRALIE-NOUVELLE-ZÉLANDE COMME LES AUTRES qui s’est joué mi-avril, sous les lambris du grand salon de l’Asia Society Center de Hongkong. Ni chope de bière ni ballon ovale en vue… Devant près de deux cents invités à l’élégance raffinée, le cohéritier de la marque italienne Loro Piana a annoncé que, entre le meilleur ballot de laine néo-zélandais et le meilleur ballot de laine australien, c’est la Nouvelle-Zélande qui, cette année, l’a emporté. Avec, en prime, un nouveau record du monde. L’éleveuse de moutons du Canterbury (île du sud), Anna Emmerson, a battu sa propre performance de 2009, en produisant un ballot de laine d’une finesse de 10,6 microns (millièmes de millimètre), soit le sixième de l’épaisseur d’un cheveu. Elle devance ainsi Pamela et Robert Sandlant, les concurrents australiens du Victoria, de cinq dixièmes de micron…Lorsque la firme italienne a lancé ce concours il y a seize ans, on n’avait jamais vu une fibre de mérinos d’une finesse de moins de 13,5 microns. « Plus que de battredes records, il s’agit de rendre hommage à des artisans qui font leur travail avec passion », insiste Pier Luigi Loro Piana. La laine, à l’entendre, est à la merci des caprices de la nature. Trop de pluie ? Le mouton grossit, sa laine devient grasse et épaisse. Pas assez d’eau et donc d’herbe ? La laine s’affine mais s’assèche et devient cassante. Il y aurait donc des années de grande laine comme des années de grand vin… Les 100 kilos du ballot de laine exceptionnelle tout juste primés ne seront pas transformés en costumes rayés, du moins pas tout de suite.L’entreprise italienne conserve en effet systématiquement le ballot le plus fin du monde, au cas où rien de tel ne serait plus produit. En revanche, le ballot-record de 2009 (10,9 microns) permettra à une quarantaine d’heureux élus de porter un costume coupé dans la laine la plus fine du monde…

Parmi eux, nombre d’esthètes fortunés résidant en Asie. « Le temps où les hommes d’affaires chinois laissaient l’étiquette cousue en gros sur la manche de leur costume est bel et bien révolu. Le client aujourd’hui n’est plus tant en quête demode ou d’image que de qualité », ajoute l’un des gourous italiens du marketing, Fabrizio Servente, conseiller en stratégie du label australien Woolmark. En revanche, lorsqu’il s’agit de parler prix, le silence est de mise. On sait seulement qu’un kilo de laine superfine brute coûte, avant traitement, près de 1 800 euros. Et que l’on peut en tirer 130 kilomètres de fil.

Florence de Changy

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