Re Rag Rug

Aujourd’hui ce termine l’exposition Re Rag Rug à l’Institut Suédois de Paris.

A partir de chutes de l’industrie textile, deux designers suédoises ont créé à la main 12 tapis, pendant 12 mois, utilisant 12 techniques d’artisanat différentes. Une réflexion sur la valeur de l’objet et sur l’importance du design dans la fabrication et dans le processus de recyclage.

En 2012, Katarina Brieditis et Katarina Evans lancent Re Rag Rug. Ce projet artistique aux dimensions écologiques et sociales prend la forme d’un défi autour du trasmatta, tapis de tissus recyclés, objet historiquement très présent dans la culture populaire scandinave (rag-rug en anglais).

Le duo se fixe un cadre bien précis : un mois, une technique, un tapis. En utilisant uniquement des matériaux prétendument « sans valeur » – des chutes de l’industrie textile ou des T-shirts, destinés à être jetés – elles cherchent à fabriquer des pièces « de valeur » et durables. Le fil directeur de leur travail est l’importance donnée au design et au processus de création. Un défi d’autant plus grand que la matière première des tapis a été limitée à ce qui leur a été offert gracieusement.

L’exposition présente les 12 prototypes et invite à réfléchir aux modes de consommation actuels et à la viabilité de la production industrielle. A quel moment un objet recyclé prend-il une valeur marchande ? Quelle valeur ajoutée représente le design ? Que se passera-t-il quand « l’esthétique Do-It-Yourself », actuellement tendance, sera passée de mode ?

Découvrez toutes les étapes du processus de création, de l’idée originelle jusqu’à la version finale de chacun des tapis 

IMG_7830 IMG_7834IMG_7843 IMG_7838IMG_7840  IMG_7841  IMG_7836 IMG_7854IMG_7852  IMG_7861

 

Publicités

Révélations

J’ai eu l’occasion de faire un tour à Révélations, le salon des métiers d’art et de la création, le mois dernier au Grand Palais. C’était incroyable de voir autant de merveilles : tournage d’art sur bois, horlogerie, ferronnerie d’art, ébénisterie, dominoterie (que j’ai découvert : incroyable !), joaillerie, verrerie, orfèvrerie, marqueterie de paille, bronze d’art, vannerie, etc.

Je me suis cantonner au textile sans perdre une goutte des autres matières que je pouvait apercevoir en déambulant dans les allées (certaines m’étaient inconnues !).

J’ai toujours était passionnée par les métiers historiques, devenus rares et certains aux noms peu connus, comme les éventaillistes et les tabletiers, plisseurs, ennoblisseurs textile, tisserands, lissiers, corsetier, brodeurs, denteliers, etc.

Voici quelques créateurs/trices qui allient tradition et création et dont j’ai eu la chance de voir les oeuvres (soyez indulgent mes photos sont moches) :

Sophie Dalla Rosa et son cabinet de curiosités. Elle y confectionne de drôles de végétaux presque mouvants sous cloches,  et des poulets footballeurs. Son univers est décalé, oscillant entre délicatesse et humour.

Sophie Dalla Rosa - équipe de football

Sophie Dalla Rosa - art knit design

 

Les masques ornementés de fils et de pompons de L’Atelier Xavier Noël, céramiste ornemaniste. J’aime beaucoup le contraste de matière entre la céramique et le fil, le minéral et l’animal.

Atelier Xavier Noël - doreur ornemaniste

 

Les objets aériens de Aude Tahon, créatrice de textile à partir d’une multitude de noeuds selon une tradition coréenne dite « art des noeuds maedup ».

Aude Tahon

Aude Tahon

 

Avec la technique de la broderie, Julie Devisme donne naissance à une nouvelle matière, en mélangeant fil de coton et croisillons en plastique, dans sa collection Calibrages.

Julie Devisme - Broderie échantillons textiles 2015

 

Les broderies d’Anne Fontaimpe nous plongent dans des paysages péri-urbains et industriels ultra-réalistes où les fils finissent par s’emmêler et sortir de la surface plane dans des noeuds volontaires.

Anne Fontaimpe - broderie

 

Une délicate nature-morte brodée de Sonja Löfgren (Kiitos II)

Kiitos II by Sonja Löfgren, Finland

 

La gigantesque sculpture textile Plethora de Deepa Panchamia

Plethora by Deepa Panchamia, Finland

 

Les vêtements plissés de la collection Danser le vertige d’Iris Singer

Iris Singer - Dizzy Cape courte 2015

 

Une sculpture textile de Hanne Friis (Secret(blue))

Secrets(blue) by Hanne Friis, Norway

 

Et il y avait aussi les broderies de Sophie Lacroix et de l’atelier Ekceli, les dentelles de plumes de Janaïna Milheiro, les tapisseries de l’Atelier A2, le canapé-sculpture en laine de Guillaume Leblon chez Lainamac, etc.

Le prochain Salon Révélations aura lieu dans 2 ans mais en attendant vous pouvez aller admirer d’autres métiers d’art cette fois-ci tournés vers la restauration et la conservation du patrimoine au Salon international du patrimoine culturel du 5 au 8 novembre prochain au Carrousel du Louvre à Paris.

 

 

 

Laines merveilleuses à Tende / Wools of Europe

Wool of Europe - Les prairies du 5eme étage

Si vous êtes de passage sur la Côte d’Usure, que vous en avez marre de voir le barbecue géant sur les plages de la Croisette/Promenade et que vous êtes en manque de poils entre les doigts, alors j’ai la solution pour vous.

Echappez-vous de là par le Train des Merveilles – train de montagne à cheval entre la France et l’Italie – qui vous hissera à 1 000 m d’altitude en partant de Nice. Après 81 tunnels et 407 ponts descendez au terminus : c’est Tende, un superbe village du Parc National du Mercantour aux portes de la Vallée des Merveilles.

Vous y trouverez le Musée départemental des Merveilles dédié à la conservation et la valorisation, entre autres, du patrimoine rupestre de la Vallée des Merveilles.

En dehors de la superbe collection permanente qu’il faut absolument voir, le musée accueille jusqu’au 31/05/15 l’exposition « Laines d’Europe » qui présente une centaine de races ovines de 27 pays du continent et les produits en laine de plus de 200 acteurs de la filière.

Afin de décrire la biodiversité des races ovines en Europe, pour chaque race de mouton est présentée la photo de l’animal, ses spécificités, la laine de sa toison (que l’on peut toucher et sentir ! oui oui !), un objet fabriqué avec sa laine (vêtement, tapis, objet de décoration…) et une présentation du créateur de l’objet.

Cette exposition est conçue pour être résolument européenne, le catalogue étant rédigé, entre autres, dans la langue de chaque pays présenté dans l’exposition.

Cette exposition prend toute sa place au musée départemental des Merveilles. En effet, elle s’intègre complètement dans l’importante tradition pastorale locale. À partir du néolithique, l’élevage ovin a été une activité primaire dans la haute vallée de la Roya, toujours représentée de nos jours par la présence de troupeaux d’une race territoriale très connue et appréciée pour sa laine : la brebis brigasque.

Alors, allez-y sans plus attendre pour toucher ces merveilles de poils. Il ne reste plus qu’une semaine !

 

Laine d’Europe / Wools of Europe

Musée départemental des Merveilles

Jusqu’au 31/05/15

Entrée libre

Wool of Europe / Les Prairies du 5ème étage

Wools of Europe / Les prairies du 5ème étageLaine Rava / Rouleau d’isolant de l’Etoile du Berger – produits isolants en laine, Saint Pierre Roche, Puy de Dôme

Wools of Europe / Les prairies du 5ème étage

Wools of Europe / Les Prairies du 5ème étage

Wools of europe / Les prairies du 5ème étage

Wools of Europe / Les prairies du 5ème étage

Wools of Europe - Les prairies du 5ème étage

Wools of Europe / Les prairies du 5ème étageLaine de mouton islandais / Tricot jacquard islandais au motif inspiré de la rose à huit pétales – Hélène Magnusson, styliste tricot, Reykjavik, Islande

Wools of Europe - Les prairies du 5ème étage

Wools of Europe - Les prairies du 5ème étagePullover tricoté en laine Bowmont – Lesley Prior, éleveur de moutons, Tiverton, Royaume-Uni

Wools of Europe - Les prairies du 5ème étageLaine Merinolandschaf / Bonnet, écharpe et manchons / Kreative Wollwerkstatt / « De Spinnerije », atelier artisanal, Treuchtlingen/Graben, Allemagne

IMG_4275Wools of Europe / Les prairies du 5ème étage

wools of Europe / Les prairies du 5ème étageLaine Blanche du Massif Central / Couette Ardelaine – SCOP Ardelaine, articles de literie, vêtement, musée vivant, Saint Pierreville

wools of europe / Les prairies du 5ème étage

A la sortie de l’expo on peut même être initié au métier à tisser. Une vraie découverte pour moi. Cette machine semble tellement vivante…Wools of europe / les prairies du 5ème étage

Wools of Europe - Les prairies du 5ème étage

 

Des derniers poils pour la route
Wools of Europe / les prairies du 5è étage

 

Elle l’a fait !

IN-CRO-YABLE ! La Poule a sorti un livre ! THE Poule, notre Poule internationale !

Je n’en ai pas cru mes oreilles. Je me suis précitée pour le commander à ma librairie fétiche. Je croise les doigts pour le recevoir le plus vite possible. J’ai hâte de voir ses modèles, les photos qui ont l’air prometteuses et tout le reste !!

 

9782012384828-G

Pour ceux d’entre vous qui ne connaissent pas encore la Poule (vous êtes alors une espèce en voie de disparition) allez voir ce qu’elle fait : c’est superbe ! J’adoooore !!

Merci la Poule !

 

 

 

 

 

 

Au fil d’élène …

Allez jeter un oeil au fil d’elene, ça vaut le coup ! Elle fait de chouettes illustrations !

568_aiguilles

C’est tellement drôle …555_love-in-itC’est du vécu ….

534_angine

C’est tellement ça !!

Merci elene !

M le magazine cette semaine : Moutons d’or en Nouvelle-Zelande

Moutons d’or en Nouvelle-Zélande

M le magazine du Monde | 10.05.2013 à 15h25

Florence de Changy

2013051145.0.1151426973mouton
CE N’EST PAS UN MATCH AUSTRALIE-NOUVELLE-ZÉLANDE COMME LES AUTRES qui s’est joué mi-avril, sous les lambris du grand salon de l’Asia Society Center de Hongkong. Ni chope de bière ni ballon ovale en vue… Devant près de deux cents invités à l’élégance raffinée, le cohéritier de la marque italienne Loro Piana a annoncé que, entre le meilleur ballot de laine néo-zélandais et le meilleur ballot de laine australien, c’est la Nouvelle-Zélande qui, cette année, l’a emporté. Avec, en prime, un nouveau record du monde. L’éleveuse de moutons du Canterbury (île du sud), Anna Emmerson, a battu sa propre performance de 2009, en produisant un ballot de laine d’une finesse de 10,6 microns (millièmes de millimètre), soit le sixième de l’épaisseur d’un cheveu. Elle devance ainsi Pamela et Robert Sandlant, les concurrents australiens du Victoria, de cinq dixièmes de micron…Lorsque la firme italienne a lancé ce concours il y a seize ans, on n’avait jamais vu une fibre de mérinos d’une finesse de moins de 13,5 microns. « Plus que de battredes records, il s’agit de rendre hommage à des artisans qui font leur travail avec passion », insiste Pier Luigi Loro Piana. La laine, à l’entendre, est à la merci des caprices de la nature. Trop de pluie ? Le mouton grossit, sa laine devient grasse et épaisse. Pas assez d’eau et donc d’herbe ? La laine s’affine mais s’assèche et devient cassante. Il y aurait donc des années de grande laine comme des années de grand vin… Les 100 kilos du ballot de laine exceptionnelle tout juste primés ne seront pas transformés en costumes rayés, du moins pas tout de suite.L’entreprise italienne conserve en effet systématiquement le ballot le plus fin du monde, au cas où rien de tel ne serait plus produit. En revanche, le ballot-record de 2009 (10,9 microns) permettra à une quarantaine d’heureux élus de porter un costume coupé dans la laine la plus fine du monde…

Parmi eux, nombre d’esthètes fortunés résidant en Asie. « Le temps où les hommes d’affaires chinois laissaient l’étiquette cousue en gros sur la manche de leur costume est bel et bien révolu. Le client aujourd’hui n’est plus tant en quête demode ou d’image que de qualité », ajoute l’un des gourous italiens du marketing, Fabrizio Servente, conseiller en stratégie du label australien Woolmark. En revanche, lorsqu’il s’agit de parler prix, le silence est de mise. On sait seulement qu’un kilo de laine superfine brute coûte, avant traitement, près de 1 800 euros. Et que l’on peut en tirer 130 kilomètres de fil.

Florence de Changy